Gaza 1999
Attente sur le quai du port de Mokka (Yémen)

Qui suis-je?

Voyager a toujours été chez moi une seconde nature. J’ai visité près de 75 pays sans compter ceux ou je suis allée plusieurs fois. Ce que j’adorais le plus, c’était de partir dans des contrées lointaines et parfois difficiles d’accès.

Gaza 1999

A 20 ans, je sillonnais déjà le Moyen- Orient en bus de Damas à Gaza. Du Yémen jusqu’à l’Ethiopie en transport de fortune. Je me souviens avoir attendu 3 jours sur le quai du port de Mokka au Yémen pour embarquer jusqu’à Djibouti dans un boutre transportant des marchandises et quelques refugiés somaliens. Au petit bonheur la chance, car évidemment pas d’horaires de passage des bateaux. Il fallait attendre sur le quai jusqu’à ce qu’un bateau  passe dans le coin et accepte de faire la traversée.

“Une fois à bord j’y passais 18 heures sans pouvoir bouger ni même me soulager. Plus tard, j’appris que j’avais traversé la fameuse mer de pirates, théâtre ces dernières années, d’odieuses prises d’hotages.”

Puis, après quelques jours passés à Djibouti dans une chaleur accablante et une moiteur insupportable (en plein mois d’aout), je poursuivais avec mes compagnons ma route en train jusqu’à Dire Dawa en Ethiopie. Un train vraiment pas comme les autres ! 18 heures pour faire moins de 200 kilomètres dans des wagons bondés et dans lesquels des militaires rodent pour chasser les resquilleurs et fouiller les bagages à la recherche de marchandises frauduleuses venant de Djibouti. Sur la route le train s’arrête à 2 reprises à la demande de l’armée qui veille au grain. Tout le monde doit descendre et après quelques heures l’engin peut reprendre son chemin. Parfois, il arrive que le train s’arrête sans aucune raison et qu’il roule en arrière pour finalement reprendre la route toujours à un rythme lent et saccadé.

Dire Dawa (Ethiopie) 2002

Dans le wagon c’est la débandade. Des passagers montent dans le train en cours de route, passent par les fenêtres et montent sur les toits les bras chargés de marchandises. Quelques mamies «contrebandières » portent sur leurs têtes leurs butins pour les cacher dans les compartiments à bagages. Vers 18h avec la tombée de la nuit, la lumière disparait pour nous plonger dans l’obscurité la plus totale. L’ambiance est tendue dans le wagon, je ne vois plus mes 2 compagnons de voyages mais le ballet incessant sur les toits continuent. C’est l’angoisse jusqu’à l’arrivée à Dire Dawa. J’appris plus tard qu’on l’appelait le train fou!

Pourquoi je voyage
avec mes petits bouts?

Quand j’ai eu mon premier enfant à 38 ans, j’ai vraiment cru que ma vie de voyageuse était finie. Je regrettais ma liberté, mon travail et surtout les aéroports. J’étais nouvellement installée à Beyrouth et devais m’adapter à ce nouvel environnement avec un bébé. Alors voyager je n’y pensais même pas… jusqu’à ce qu’une amie qui avait un bébé du même âge que le mien ne m’y encourage.

Elle habitait le Qatar et proposait de nous retrouver quelque part. Mon fils n’avait que 9 mois alors je cherchais la moindre excuse pour annuler ce projet. Finalement, je lui proposais Chypre. Pas folle la guêpe. C’était à 30 min de vol de Beyrouth.

Le voyage s’est tellement bien passé que j’ai commencé à y prendre goût jusqu’à que cela devienne un réel plaisir. Voyager avec mon petit est un pur moment de partage. Maminou et moi sommes au même rythme, je découvre le monde différemment avec des yeux d’enfants et je m’extasie avec lui en visitant un zoo ou un aquarium.

Bien sûr, les voyages que l’on fait avec des enfants sont beaucoup plus fatigants, on doit faire quelques concessions mais quelle joie, quelle intensité de pouvoir partager cela avec avec eux et même s’ils ne se souviendront pas de tout! En ce qui me concerne le but n’est pas le souvenir impérissable. Je souhaite surtout qu’ils apprennent à découvrir le monde, à aller vers les autres, prendre plaisir à découvrir de nouvelles cultures et surtout de pouvoir s’adapter.

Sur ce dernier point, Maminou presque quatre ans, à son actif près de 19 pays, démontre déjà de vraies capacités d’adaptation. Je compte bien continuer à voyager même avec la petite choupette qui n’a que 11 mois.